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L'historique du Petit Ermitage :

L’histoire du Petit Ermitage se découpe en deux grandes périodes : de 1970 à 1993 et de 1993 à 2006.

1970 à 1993 : l’abbé et la communauté d’accueil

C’est en 1970 que l’Abbé VINCENT, vicaire avec l’Abbé NOIZE à Saint Nicolas à Bordeaux, décide de proposer un toit et une vie communautaire à un certain nombre de personnes vivant dans la rue. Il les avait rencontrées d’abord dans sa paroisse et ensuite au restaurant « Stop à la Misère » créé par un collectif d’associations en 1968 et dont il fut le premier permanent.

Il commence par monter des tentes de l’armée sur un terrain appartenant à ses parents à Léognan, pour y accueillir une dizaine de personnes. Puis on leur prête une vieille ferme et enfin avec quelques hébergés, il construit petit à petit, au fil des récupérations, des bâtiments en bois, sans eau ni électricité. Durant toutes ces années, ce qui importe pour l’Abbé, c’est d’accueillir celui qui vient, avec un minimum d’exigences, pour qu’il ne vive plus seul.

En 1972, un petit groupe d’amis de l’Abbé crée une association appelée « Assistance à personnes délaissées ».

La vie, durant plusieurs années, et malgré l’aide de bénévoles et de voisins, est très difficile : course à l’argent pour acheter à manger, dure réalité de l’alcoolisme, qui fait des ravages, provoque des tensions et de l’agressivité. Malgré tout environ 30 personnes vivent au Petit Ermitage. Quelques uns travaillent un potager, d’autres font la cuisine.

Des personnes bénévoles s’engagent auprès de l’Abbé pour être sur le terrain auprès des hommes. L’Abbé VINCENT sait qu’il faut des solutions diverses et adaptées afin de répondre à la multiplicité des problèmes.

Un couple d’amis de l’Abbé part ouvrir un centre d’hébergement dans Bordeaux, mieux adapté à la réinsertion. L’association « Revivre » est créée, elle gère aujourd’hui plusieurs structures d’hébergement et de réinsertion (Foyer Ozanam et St Vincent de Paul à Cenon).

Un premier accident cardiaque touche l’Abbé en 1981, et met l’existence du Petit Ermitage en péril.

Tandis que les volontaires assurent une présence indispensable auprès des hommes, l’association et les donateurs privés mobilisent les pouvoirs publics.

La Direction Départemental de l’Action Sanitaire et Sociale (DDASS) touchée par la précarité de la situation, propose un financement sous forme de subventions permettant l’embauche de salariés pour soulager l’Abbé.

Ce fut un grand tournant pour lui qui se voulait indépendant de toutes contraintes, sachant que le sort de ces grands exclus, qui demandent beaucoup de temps et de présence, était peu compatible avec les exigences des administrations.

Il fallut prévoir la « normalisation des bâtiments », y faire venir l’eau et l’électricité, créer des sanitaires.

3 salariés partagent avec l’Abbé l’accompagnement des hébergés, et avec eux, il met en place un « début de contrat » pour que la vie collective s’organise un peu mieux.

Un travail commence autour de l’hygiène, des problèmes de santé, en particulier de l’alcoolisme.

En 1992, l’association « Assistance à personnes délaissées » devient l’association « le Petit Ermitage ». Ce changement de nom marque aussi la fin d’une période.

 

1993 à aujourd’hui : le Centres d’Hébergement et de Réadaptation Sociale (CHRS)

La fragilité de l’Abbé, épuisé par les soucis, provoque une nouvelle hospitalisation et à ce moment là, l’association et l’équipe éducative sont devant un choix crucial.

Pour que la DDASS accepte de poursuivre son financement, il faut lui donner la preuve de la volonté de l’association de pérenniser la structure, prendre les moyens de « reconstruire » matériellement le Petit Ermitage, de constituer une équipe de professionnels et de nommer un directeur, car il devient évident que l’Abbé ne peut plus assumer sa charge de responsable, même s’il continue à vivre sur place.

Après avoir réussi, par la volonté commune de l'Association et des salariés (Septembre 1997), le Petit Ermitage est agréé CHRS.

Le Petit Ermitage n’est cependant plus un lieu de vie mais un lieu de passage où les personnes accueillies trouvent un accompagnement éducatif, des activités diversifiées, un soutien dans la vie collective...

Le 1er août 2005 L’Abbé Jean VINCENT décède en laissant derrière lui une structure bien inscrite dans le processus d’hébergement des réseaux médico-sociaux, avec ses caractéristiques propres.


Grenouille N° 27
La grenouille nouvelle est arrivée ! [...]


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